Pourquoi les statuts sont bien plus qu’une formalité
Les statuts constituent la loi interne de votre société. En effet, ils régissent les relations entre associés, définissent les pouvoirs du dirigeant, organisent les prises de décision et prévoient ce qui se passe en cas de désaccord ou de départ d’un associé. Par conséquent, des statuts mal rédigés peuvent engendrer des conflits coûteux, des blocages de gouvernance ou des situations fiscalement défavorables — parfois plusieurs années après la création.
Ainsi, même si la loi permet de rédiger des statuts très simples, il est vivement conseillé de les adapter précisément à votre situation plutôt que d’utiliser des modèles standards sans personnalisation.
Les mentions obligatoires dans tous les statuts
La dénomination sociale
🔴 ObligatoireC’est le nom officiel de votre société. Il doit être unique — vérifiez sa disponibilité sur l’INPI avant de l’adopter. Par ailleurs, il peut être différent de votre nom commercial ou de votre marque. La dénomination sociale doit figurer sur tous vos documents officiels.
La forme juridique
🔴 ObligatoireSARL, SAS, EURL, SASU… La forme juridique choisie conditionne l’ensemble des règles applicables à votre société. Elle doit être clairement indiquée dans les statuts et ne peut être modifiée qu’avec des formalités importantes.
L’objet social
🔴 ObligatoireL’objet social décrit les activités exercées par la société. Il doit être suffisamment large pour couvrir toutes vos activités actuelles et futures — mais pas trop vague pour rester crédible. En pratique, la formule « et toutes opérations s’y rattachant directement ou indirectement » est souvent ajoutée pour conserver une flexibilité maximale.
Le siège social
🔴 ObligatoireL’adresse officielle de la société. En cas de changement d’adresse dans le même département, une simple décision du gérant ou président suffit généralement. En revanche, un changement vers un autre département peut nécessiter une modification statutaire et un transfert de greffe.
Le capital social et les apports
🔴 ObligatoireLe montant du capital social, sa composition (apports en numéraire, en nature ou en industrie) et la répartition entre associés doivent être précisément décrits. En effet, le capital social détermine la répartition des droits de vote et des dividendes — c’est un élément fondamental de la gouvernance.
La durée de la société
🔴 ObligatoireLa durée légale maximale est de 99 ans. En pratique, la grande majorité des sociétés sont constituées pour 99 ans. Toutefois, cette durée peut être prorogée par décision des associés avant son terme.
Les clauses essentielles à personnaliser
La gouvernance et les pouvoirs du dirigeant
Les statuts définissent l’étendue des pouvoirs du gérant ou du président. Par conséquent, il est important de préciser les actes qui nécessitent l’autorisation préalable des associés — notamment les décisions d’investissement au-delà d’un certain montant, les emprunts importants ou les cautions accordées en nom de la société.
Les règles de majorité pour les décisions
En SARL, la loi fixe des règles de majorité minimales — mais les statuts peuvent les renforcer. En SAS, en revanche, les règles de majorité sont entièrement libres. Ainsi, prévoyez des seuils adaptés à votre situation : majorité simple pour les décisions courantes, majorité renforcée ou unanimité pour les décisions stratégiques.
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La clause d’agrément
✅ Fortement conseilléeCette clause soumet la cession de parts ou d’actions à l’agrément préalable des autres associés. En effet, elle vous permet d’éviter qu’un associé revende ses parts à un tiers inconnu sans votre accord. Par conséquent, elle est indispensable dès lors que vous avez plusieurs associés.
La clause de préemption
✅ Fortement conseilléeEn cas de cession de parts, la clause de préemption donne aux associés existants un droit prioritaire d’achat. Ainsi, si un associé souhaite vendre ses parts, les autres associés peuvent les racheter en priorité avant tout tiers extérieur.
La clause d’inaliénabilité
✅ Utile en phase de démarrageCette clause interdit à un associé de céder ses parts pendant une durée déterminée — généralement 2 à 5 ans. En effet, elle protège la stabilité de l’actionnariat en phase de démarrage et rassure les éventuels investisseurs ou partenaires financiers.
Les clauses anti-dilution
💡 Pour les projets avec investisseursCes clauses protègent les associés existants contre une dilution excessive de leur participation lors d’une future augmentation de capital. Par conséquent, elles sont particulièrement importantes si vous envisagez d’accueillir des investisseurs à terme.
Les étapes de rédaction des statuts
Définir les grandes lignes avec vos co-associés
Avant de rédiger quoi que ce soit, discutez avec vos futurs associés des points clés : répartition du capital, pouvoirs du dirigeant, règles de cession, mécanismes de sortie. En effet, un désaccord sur ces points découvert après la rédaction peut être source de tensions dès le départ.
Choisir entre modèle standard et rédaction sur mesure
Pour une société simple à associé unique (SASU, EURL), un modèle standard bien adapté peut suffire. En revanche, dès que vous êtes plusieurs associés ou que votre situation est complexe (investisseurs, associés minoritaires, clauses spécifiques), faites appel à un avocat spécialisé en droit des sociétés pour une rédaction sur mesure.
Faire relire par un expert-comptable et un avocat
Même si vous rédigez vos statuts vous-même, faites-les relire par votre expert-comptable (pour les implications fiscales et sociales) et par un avocat (pour les implications juridiques). En effet, quelques heures de conseil au départ peuvent vous éviter des conflits coûteux plusieurs années plus tard.
Signer et déposer au greffe
Les statuts doivent être signés par tous les associés fondateurs — en autant d’originaux que d’associés plus un exemplaire pour le greffe. Ils sont ensuite déposés lors de l’immatriculation de la société au Registre National des Entreprises (RNE).
Les erreurs les plus fréquentes dans la rédaction des statuts
❌ Un objet social trop restrictif
Un objet social limité à une seule activité peut bloquer le développement de l’entreprise si vous souhaitez diversifier vos services.
❌ Des pouvoirs du dirigeant non encadrés
Des statuts qui donnent des pouvoirs illimités au dirigeant peuvent exposer la société à des décisions unilatérales préjudiciables pour les autres associés.
❌ L’absence de clause de sortie
Ne pas prévoir ce qui se passe en cas de départ d’un associé — décès, invalidité, mésentente — peut paralyser la société pendant des mois en cas de litige.
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Antonin Faure – Team Khompta
8 juillet 2026