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Comment gérer une procédure de redressement judiciaire ?

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Le redressement judiciaire est souvent vécu comme une catastrophe par les dirigeants qui y font face. Pourtant, c’est avant tout une procédure de sauvegarde destinée à permettre la poursuite de l’activité et le maintien de l’emploi. En effet, elle offre au dirigeant un cadre protecteur pour reorganiser son entreprise — à condition d’agir vite et de s’entourer des bons conseils. Voici comment comprendre et traverser cette procédure en 2026.
Comment gérer une procédure de redressement judiciaire en 2026

Qu’est-ce que le redressement judiciaire ?

Le redressement judiciaire est une procédure collective ouverte par le tribunal de commerce (ou le tribunal judiciaire pour les professions libérales) lorsqu’une entreprise est en état de cessation des paiements — c’est-à-dire qu’elle ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible — mais que son redressement est jugé possible.

Par conséquent, contrairement à la liquidation judiciaire qui met fin à l’activité, le redressement judiciaire vise à sauver l’entreprise en lui donnant le temps de se restructurer. C’est une procédure distincte de la sauvegarde — qui, elle, intervient avant la cessation des paiements.

💡 Bon à savoir Selon Legalstart, le dirigeant a l’obligation de déclarer l’état de cessation des paiements dans les 45 jours suivant sa constatation. Attendre au-delà de ce délai constitue une faute de gestion pouvant engager sa responsabilité personnelle. Par conséquent, dès que vous constatez que vous ne pouvez plus faire face à vos dettes exigibles, agissez sans délai.

Les procédures amiables à envisager avant le redressement

Avant d’en arriver au redressement judiciaire, plusieurs procédures préventives permettent de traiter les difficultés à un stade moins avancé. En effet, plus tôt les difficultés sont prises en charge, plus les options disponibles sont nombreuses.

Le mandat ad hoc

✅ Avant cessation des paiements

Un mandataire est désigné confidentiellement par le président du tribunal pour aider le dirigeant à négocier avec ses créanciers. C’est la procédure la plus discrète — elle n’est pas publiée et reste totalement confidentielle. Ainsi, elle préserve l’image de l’entreprise tout en facilitant les négociations.

La conciliation

✅ Avant ou juste après cessation des paiements

La conciliation permet de négocier un accord avec les principaux créanciers sous l’égide d’un conciliateur désigné par le tribunal. Elle peut intervenir jusqu’à 45 jours après la cessation des paiements. Par ailleurs, un accord de conciliation homologué par le tribunal bénéficie d’une protection renforcée — les créanciers signataires ne peuvent plus poursuivre pendant la durée de l’accord.

La procédure de sauvegarde

✅ Avant cessation des paiements

La sauvegarde est ouverte à l’initiative du dirigeant lorsque l’entreprise rencontre des difficultés sans être encore en cessation des paiements. En effet, elle offre les mêmes protections que le redressement judiciaire — gel des dettes, plan d’apurement — tout en laissant le dirigeant aux commandes de son entreprise.

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Les étapes du redressement judiciaire

J — 45

Constatation de la cessation des paiements

Vous constatez que vous ne pouvez plus faire face à vos dettes exigibles avec votre trésorerie disponible. Dès ce moment, vous avez 45 jours pour déposer une déclaration de cessation des paiements au greffe du tribunal de commerce. Tout retard au-delà de ce délai constitue une faute de gestion.

Ouverture

Jugement d’ouverture du redressement judiciaire

Le tribunal prononce l’ouverture du redressement judiciaire. Il désigne un administrateur judiciaire (qui assiste ou remplace le dirigeant selon les cas) et un mandataire judiciaire (représentant des créanciers). Par ailleurs, un juge-commissaire est nommé pour superviser la procédure. À partir de ce jugement, toutes les poursuites individuelles des créanciers sont automatiquement suspendues.

J+6 mois

La période d’observation

C’est la phase centrale du redressement — elle dure généralement 6 mois, renouvelable une fois (maximum 18 mois). Durant cette période, l’entreprise continue son activité sous contrôle judiciaire. Un bilan économique, social et environnemental est établi par l’administrateur pour évaluer les chances de redressement. En revanche, aucune dette antérieure ne peut être payée — elles sont gelées.

Issue

Le plan de redressement ou la liquidation

À l’issue de la période d’observation, trois issues sont possibles : un plan de continuation (l’entreprise poursuit son activité avec un plan d’apurement des dettes sur 10 ans maximum), un plan de cession (l’activité est cédée à un repreneur), ou la conversion en liquidation judiciaire (si le redressement est jugé impossible).

Ce que le redressement judiciaire change concrètement pour le dirigeant

Aspect Pendant le redressement judiciaire
Poursuites des créanciers Suspendues automatiquement dès l’ouverture
Paiement des dettes antérieures Interdit — elles sont gelées jusqu’au plan
Pouvoirs du dirigeant Assisté ou remplacé par l’administrateur judiciaire
Contrats en cours L’administrateur peut choisir de les poursuivre ou non
Salaires des salariés Garantis par l’AGS (Association de Garantie des Salaires)
Nouveaux crédits Possibles avec l’accord du juge-commissaire

Les erreurs à éviter absolument

  • Attendre au-delà de 45 jours après la cessation des paiements pour déclarer — cela constitue une faute de gestion
  • Payer certains créanciers en priorité juste avant la déclaration — ces paiements peuvent être annulés par le tribunal
  • Dissimuler des actifs ou des dettes à l’administrateur judiciaire
  • Ne pas se faire accompagner par un avocat spécialisé et un expert-comptable dès les premiers signes
  • Négliger les procédures préventives (mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde) disponibles avant la cessation des paiements
⚠️ Attention Le dirigeant qui a commis des fautes de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif peut être condamné à combler personnellement tout ou partie du passif de la société — même si celle-ci est à responsabilité limitée. Par conséquent, agir rapidement et transparentement est non seulement éthique mais aussi indispensable pour protéger votre patrimoine personnel.
📌 À retenir Le redressement judiciaire n’est pas une fin en soi — c’est un outil de dernière chance pour sauver une entreprise viable. En revanche, la meilleure stratégie reste d’anticiper les difficultés avant d’y être contraint, en utilisant les procédures préventives disponibles (mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde). Par conséquent, dès que vous identifiez des signaux d’alerte — trésorerie tendue, dettes qui s’accumulent, perte de clients importants — consultez immédiatement votre expert-comptable et un avocat spécialisé. Agir tôt multiplie les options disponibles.

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Antonin Faure – Team Khompta
16 juillet 2026

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